Les oliviers et leurs fruits occupent une place centrale non seulement dans la vie quotidienne des Palestiniens, mais aussi comme symbole de résistance et de résilience palestiniennes.
Voici pourquoi l’olivier est si important pour les Palestiniens.
Une histoire profondément enracinée
Les oliviers font partie des arbres cultivés les plus anciens au monde. Avec une durée de vie moyenne d’environ 300 à 600 ans, ils peuvent faire vivre des familles et des communautés pendant plusieurs générations.
Certains oliviers auraient vécu plusieurs milliers d’années, le plus ancien au monde étant estimé entre 2 000 et 4 000 ans.
La longévité des oliviers reflète l’histoire des communautés palestiniennes sur leur terre, où ces arbres sont restés présents malgré des siècles de changements politiques et de bouleversements.
La présence de ces arbres remet également en cause l’idée selon laquelle la Palestine aurait été « une terre sans peuple », comme l’ont affirmé certains mouvements de colonisation aux XIXe et XXe siècles.
Une ressource économique essentielle
Les olives constituent la source principale ou secondaire de revenus pour environ 80 000 à 100 000 familles palestiniennes. Avant octobre 2023, elles représentaient 70 % de la production fruitière dans le Territoire palestinien occupé. La majeure partie de la récolte annuelle d’olives, soit 93 %, est utilisée pour produire de l’huile d’olive ; le reste sert à fabriquer du savon, des olives de table et des olives marinées.
La plupart des produits issus de l’olive sont consommés localement, mais les exportations vers la région et à l’international sont de plus en plus fréquentes.
Un emblème culturel
La saison de la récolte, traditionnellement en octobre et novembre, est depuis longtemps un moment où les familles se réunissent pour cueillir les olives, souvent en chantant et en partageant des histoires pendant le travail. Les universités et les écoles accordent même des congés aux étudiants pour participer à la récolte.
La majorité des olives sont pressées pour produire de l’huile, utilisée en cuisine, notamment pour préparer le zaatar, les ragoûts et les pâtisseries. Les olives sont également présentes dans certains remèdes, produits cosmétiques et savons.
Certaines huiles d’olive ont aussi une dimension religieuse : musulmans et chrétiens les considèrent comme bénies ou symboliques et les utilisent dans certains rites.
Au-delà de leur valeur économique, beaucoup de Palestiniens entretiennent un lien émotionnel très fort avec leurs oliviers, dont ils prennent soin pendant des années, voire des décennies, presque comme d’un membre de la famille.
Les oliviers et leurs fruits occupent aussi une place importante dans l’art palestinien. De nombreux peintres et poètes, comme Mahmoud Darwich et Tawfiq Zayyad, se sont inspirés de leur puissante symbolique.
Les oliviers et Gaza
Les oliviers font eux aussi partie des victimes des bombardements dévastateurs d’Israël sur Gaza. Alors que les terres cultivées ont été détruites par les attaques militaires, de nombreuses familles ont été contraintes de couper leurs propres arbres pour en faire du bois de chauffage, face aux graves pénuries de carburant.
Dans un blog publié en novembre 2024, à l’occasion de la Journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien, un travailleur humanitaire d’Islamic Relief racontait cette expérience :
« Je ne peux pas oublier que les oliviers nous ont fourni du bois et des feuilles à brûler pour nous chauffer et cuisiner lorsqu’il n’y avait plus de carburant. Nous continuons à prendre, et eux continuent à donner. Même leurs branches étendues nous ont abrités quand il n’y avait plus d’abri. »
Contraint de fuir vers un pays voisin où il est désormais en sécurité avec sa famille, mais toujours habité par le désir de rentrer chez lui et de retrouver la paix, notre collègue écrivait :
« J’aurais aimé avoir la chance de dire au revoir à mes propres arbres en les serrant dans mes bras. C’est un sentiment que beaucoup d’entre nous partagent… Nous avons un lien profond avec ces arbres et avec la terre sur laquelle ils poussent. Ils font partie intégrante de notre héritage, de notre alimentation et même de nos proverbes : un héritage accumulé à travers des siècles de lien avec cette terre. Comme l’a dit le poète palestinien Mahmoud Darwich : “Ici nous resterons, tant que le thym et les olives resteront.” »
Les oliviers et les personnes qui leur sont liées ne peuvent vivre et s’épanouir que sur cette terre, de la même manière que d’autres arbres prospèrent là où ils appartiennent.
Un symbole de résistance
Les oliviers résistent à la sécheresse et peuvent pousser même dans des sols pauvres. Ces caractéristiques en ont fait un symbole de l’attachement des Palestiniens à leur terre.
Au-delà du symbole, les oliviers jouent aussi un rôle concret dans la résistance des Palestiniens face à l’occupation illégale et aux confiscations de terres. Planter et cultiver ces arbres constitue un acte de défi dans un contexte d’occupation. Leur présence rend aussi plus difficile l’affirmation selon laquelle une terre serait inhabitée ou inutilisée.
Cependant, de nombreux agriculteurs ont été coupés de leurs arbres, l’accès aux terres étant fortement restreint par les contrôles israéliens. Un système de permis appliqué de manière inégale limite fortement la capacité des agriculteurs à cultiver leurs arbres. Les permis sont accordés à des individus, ce qui empêche souvent les familles de travailler ensemble pour entretenir leurs oliviers, entraînant des récoltes plus faibles.
Les agriculteurs doivent aussi souvent passer par des checkpoints pour rejoindre leurs terres. Ces points de contrôle ne sont ouverts qu’à certaines heures de la journée, ce qui limite le temps qu’ils peuvent consacrer au travail de leurs terres et réduit donc la récolte.
Même si les oliviers peuvent survivre sans entretien constant et rester une source de revenus précieuse malgré ces importantes difficultés d’accès, l’impact de la séparation entre les agriculteurs, leurs terres et leurs arbres est considérable.
Les oliviers attaqués
Malheureusement, les oliviers (ainsi que les agriculteurs qui les cultivent) sont devenus des cibles d’attaques, en particulier juste avant et pendant la saison de la récolte.
C’est notamment le cas en Cisjordanie, où des arbres ont été déracinés, brûlés ou coupés par des colons. En 2025, l’agence des Nations unies OCHA a signalé le plus haut niveau de dommages liés aux attaques de colons depuis 2020, avec plus de 4 000 arbres attaqués lors de 126 incidents recensés dans 70 villes et villages.
Ces attaques ont été condamnées par des organisations non gouvernementales internationales, ainsi que par certains groupes juifs, qui rappellent que la Torah interdit la destruction des arbres, y compris en temps de guerre. La destruction d’arbres en période de conflit constitue également une violation de la Convention de Genève, notamment de ses articles 54 et 55.
Les communautés locales et les organisations de la société civile ont pris des mesures pour protéger les arbres et les agriculteurs pendant la saison de la récolte, ainsi que pour remplacer les arbres détruits. Mais les chiffres de l’OCHA suggèrent que le problème s’aggrave.
Islamic Relief soutient les Palestiniens dans le besoin
Au fil des années, Islamic Relief a fourni des oliviers à des familles, afin de les aider à augmenter leurs revenus et à améliorer leur alimentation.
Ce travail contribue à garantir que les Palestiniens disposent de suffisamment de nourriture à l’avenir, à renforcer la résilience des communautés face aux difficultés, à protéger l’environnement et à préserver les traditions culturelles.
Fournir des oliviers n’est qu’une des façons dont Islamic Relief soutient les Palestiniens qui en ont désespérément besoin.
Aidez Islamic Relief à continuer de soutenir les familles en situation de détresse à Gaza. Faites un don dès maintenant à notre appel d’urgence pour la Palestine.