Après le séisme qui a frappé Al Haouz, Islamic Relief, en partenariat avec Al Mobadara, mène une initiative de reconstruction destinée à offrir des logements sûrs, durables et dignes aux familles sinistrées. Au-delà des murs, ce projet vise à restaurer la stabilité, la sécurité et l’espoir au sein de communautés profondément éprouvées. Interview de Hammadi Gammoudi, chargé de communication, des relations publiques et des médias au Maroc pour Islamic Relief.
Quel est l’objectif principal de l’initiative de reconstruction à Al Haouz après le séisme ?
L’objectif principal est de rétablir des conditions de vie sûres, durables et dignes pour les familles touchées par le séisme. Au-delà de la réponse aux besoins immédiats en matière d’abri, l’initiative vise à soutenir le relèvement à long terme et à aider les communautés à reconstruire leur vie dans un environnement stable et sécurisé.
Combien de maisons permanentes sont construites pour les familles touchées par le séisme à Al Haouz ?
Islamic Relief, en partenariat avec Al Mobadara, construit au total 304 maisons permanentes pour les familles touchées par le séisme à Al Haouz.

Intérieur de la nouvelle maison de Fattouma
Comment cet effort de reconstruction va-t-il au-delà de la simple construction de maisons ?
L’initiative adopte une approche globale. Elle ne se limite pas à la reconstruction physique : elle renforce la résilience des communautés, repose sur une coordination étroite avec les autorités locales et les partenaires, et veille à ce que les solutions de logement soient adaptées aux réalités locales, notamment géographiques et culturelles.
Elle contribue aussi à restaurer la dignité, la stabilité et un sentiment de retour à la normale pour les familles touchées.
Quels défis les équipes du projet ont-elles rencontrés ?
Les équipes ont dû faire face à plusieurs défis. Une longue phase de vérification a d’abord été nécessaire pour évaluer et confirmer les maisons endommagées par le séisme. Ce processus a demandé beaucoup de temps, notamment lorsque des changements sont intervenus dans la sélection des bénéficiaires ou lorsque certaines maisons ont dû être réévaluées.
La mise en œuvre a également été compliquée par le relief montagneux, les fortes pluies, la neige, l’accès difficile aux villages reculés et le manque de main-d’œuvre qualifiée.
Dans certaines zones, les matériaux de construction ne peuvent pas être transportés par des véhicules ou des engins classiques. Il faut parfois recourir à des ânes pour acheminer les matériaux sur des sentiers étroits et escarpés, inaccessibles aux moteurs.
Les procédures administratives, les délais d’autorisation, les retards d’approvisionnement et la hausse du coût des matériaux ont aussi eu un impact sur le calendrier du projet.
Comment la construction progresse-t-elle malgré ces difficultés ?
Malgré ces défis, la construction progresse régulièrement. Un nombre important de maisons a déjà été achevé, tandis que beaucoup d’autres sont à un stade avancé.
Les équipes ont adapté leur méthode grâce à une mise en œuvre par phases, un suivi continu et une planification flexible. La présence sur le terrain, la coordination avec Al Mobadara et les autorités locales, ainsi que la capacité à résoudre rapidement les problèmes ont permis de maintenir la dynamique du projet.
L’implication de travailleurs locaux, recrutés par les entreprises de construction, facilite également l’avancement des travaux. Leur connaissance du terrain, des pratiques locales et des contraintes logistiques est un atout essentiel.